S’étonner pour apprendre

 

« L’étonnement se situe au coeur du processus de construction de l’expérience et de formation du sujet tout au long de sa vie. En tant qu’initiateur de l’activité réflexive, c’est à travers lui que l’acteur éprouve les limites de ses connaissances et s’engage dans une démarche d’acquisition de nouveaux savoirs et de transformation de soi. » Joris Thievenaz

 

Qu’est-ce que l’étonnement ?

Au quotidien, pour assurer une certaine sécurité à notre existence et éviter l’incertitude permanente, nous nous fondons sur les représentations, les savoirs et les modèles de pensée que nous avons acquis tout au long de nos socialisations (familiale, amicale, scolaire ou professionnelle). Toutefois, lorsque nous confrontons nos représentations à la réalité, il arrive que nous remettions en question nos certitudes et… que nous nous étonnions !

L’étonnement consiste ainsi en une remise en cause de notre quotidien, il implique que nous soyons déstabilisés par rapport à nos repères habituels.

Au-delà de la surprise qu’il induit, l’étonnement constitue, selon plusieurs auteurs, le déclencheur d’un questionnement : s’étonner revient à interrompre brusquement l’activité que nous étions en train de réaliser pour nous interroger sur nous-mêmes ou sur le monde, suite à la découverte d’un évènement qui nous parait inédit ou surprenant.

Compte tenu de cela, nous pouvons envisager l’étonnement comme étant le point de départ de toute démarche d’apprentissage.

C’est lorsqu’une personne remarque un écart entre ce qu’elle attend et ce qui advient qu’elle s’étonne. Déstabilisée par rapport à ses repères habituels, elle va éprouver un déséquilibre ou un manque et constater que ses savoirs ‘déjà-là’, qui lui permettaient d’entretenir un rapport routinier avec le monde et d’anticiper les évènements, sont insuffisants pour répondre à une question ou trouver une solution à un problème. C’est alors qu’elle peut entrer dans un processus de recherche et d’apprentissage, en s’ouvrant à des connaissances et des modes de pensée nouveaux et en les intégrant éventuellement à son système de connaissances.

 

L’homme, en s’étonnant, devient ainsi connaissant.

S’étonner revient à s’interroger sur nous-mêmes et sur le monde. Qui plus est, s’étonner nous donne l’opportunité de remettre en question les idées préconçues que nous avons intériorisées au cours de nos multiples socialisations ; en cela, c’est un processus qui favorise la conscience critique.

Enfin, s’étonner nous donne la possibilité d’intégrer de nouveaux modes de pensées et de nouvelles conceptions qui, peu de temps auparavant, nous étaient totalement étrangers.

 

L’étonnement constitue donc une chance pour la personne qui l’éprouve d’accéder au questionnement et au savoir, et ce tout au long de sa vie.

mardi, septembre 19, 2017